| Dépistage des pathologies professionnelles liées à l’amiante et responsabilité médicale : les doutes d’un médecin du travail |
| Écrit par Bertrand Hue |
| Dimanche, 27 juillet 2008 13:20 |
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Marie-Thérèse Giorgio, médecin du travail et webmaster du site Atousante.com, site spécialisé en santé au travail, a beaucoup étudié les questions relatives au dépistage des maladies professionnelles liées à l’amiante afin de répondre aux employeurs et salariés des entreprises dont elle assure le suivi et aux nombreux professionnels de santé qui posent des questions par Internet. Le docteur Giorgio a accepté de répondre aux questions de Droit-medical.com : nous l’en remercions.
Droit-medical.com – Si l’on fait abstraction du battage médiatique actuel, pensez-vous que les maladies professionnelles liées à l’amiante soient un véritable enjeu de santé publique ? Peut-on vraiment parler d’une épidémie de mésothéliomes 1 ? Marie-Thérèse Giorgio – Compte tenu des délais de 30 à 40 ans pour l’apparition des maladies des travailleurs exposés à l'amiante, même de façon très brève, tous les professionnels de santé sont concernés par le dépistage des pathologies liées à l’amiante. Le Régime social des indépendants (RSI) a procédé récemment à une étude : 1 artisan sur 2 aurait été exposé à l’amiante durant au moins 25 ans. Jusqu’à présent il n’existait pas de suivi en santé au travail pour les artisans. L’incidence du mésothéliome augmente de 25 % tous les 3 ans. Il est difficile dans ces conditions de ne pas parler d'un problème de santé publique et d'une "épidémie".
Droit-medical.com – Les médecins du travail et les médecins généralistes sont-ils suffisamment sensibilisés au dépistage des pathologies liées à l’amiante ? Marie-Thérèse Giorgio – Les médecins du travail sont dans l’ensemble bien sensibilisés et informés. Les difficultés qu’ils rencontrent se situent au niveau des interventions sur le milieu de travail. En effet, la législation stipule que le médecin du travail doit donner son avis sur le plan de retrait de l’amiante, et pour cela il doit visiter chaque chantier de désamiantage.
Droit-medical.com – Faut-il avoir été exposé pendant longtemps pour que l’origine professionnelle soit reconnue ? Marie-Thérèse Giorgio – Un mésothéliome peut être la conséquence lointaine d’une exposition brève à l’amiante et pas nécessairement d’une exposition habituelle, par conséquent pour la reconnaissance du mésothéliome au titre des maladies professionnelles, la Sécurité sociale admet qu’il soit fait exception à certaines dispositions 3,4,5.
Droit-medical.com – Dans une pratique courante en médecine du travail, quels sont les examens prévus pour le suivi des travailleurs de l’amiante ? N’existe-t-il pas un décalage entre les connaissances scientifiques d'une part et les textes en vigueur d'autre part ? Marie-Thérèse Giorgio – L’amiante est toxique par inhalation et peut provoquer des pathologies respiratoires : certaines sont relativement bénignes, comme les plaques pleurales, d’autres très graves (cancer du poumon, cancer de la plèvre, fibroses comme l'asbestose).
Droit-medical.com – Certains organismes ne font appel qu’au scanner spiralé dans le cadre du dépistage des patients. Ne pas utiliser ce moyen de dépistage pourrait-il être considéré comme une faute, selon vous ? Marie-Thérèse Giorgio – Pour les artisans, exposés à l’amiante, le suivi instauré par le RSI, dans certaines régions de France, comporte exclusivement un scanner spiralé comme examen complémentaire 7. Cette surveillance semble plus en accord avec les dernières recommandations de la SPLF. A noter que le RSI n’instaure cette prévention que pour les artisans qui viennent de partir à la retraite, les retraités de longue date ne sont pas suivis.
Droit-medical.com – Certaines pathologies bénignes liées à l’amiante sont indemnisées. Que faut-il en penser ? Marie-Thérèse Giorgio – Les pathologies bénignes sont représentées par les plaques pleurales. Elles sont présentes chez 8 à 50 % des exposés, elles ne constitueraient pas un facteur de risque supplémentaire de mésothéliome ou de cancer bronchique.
Marie-Thérèse Giorgio – Actuellement, amiante, benzène, rayonnements ionisants et poussières de bois couvrent, à eux seuls, 98 % des cancers d’origine professionnelle avérés.
1 - Cancer caractéristique de l’exposition à l’amiante, touchant principalement la plèvre du poumon, plus rarement le péritoine ou le péricarde. 2 - Lire sur le site de l'Institut de santé au travail du Nord de la France : "Le bilan de fin de carrière en vue d'organiser le suivi post-professionnel". 3 - Extrait de la charte rédigée par la Sécurité sociale à propos des particularités des maladies professionnelles liées à l’amiante : "[...] le caractère habituel de l'exposition n'est pas déterminant et une exposition professionnelle même ponctuelle est suffisante pour admettre son origine professionnelle ; une instruction simplifiée du dossier est recommandée notamment dans certaines situations qui doivent conduire à reconnaître la réalité de l'exposition [...]". 4 - Procédure de déclaration et reconnaissance au titre des maladies professionnelles sur le site Atousante.com. 5 - Déclarer une maladie professionnelle pour les bénéficiaires de la Mutuelle sociale agricole. 6 - encore appelée TDM ou scanner. 7 - "ESPrI", le programme de dépistage du RSI, sur le site du Régime social des indépendants. 8 - Les informations sur le site du ministère du travail. 9 - "Les nanoparticules", rapport de l'Afsset, juillet 2008.
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Commentaires (4)
![]() Par GAUTHIER MICHEL, 03 janvier 2010
bonjour , mon neveu travaille dans un garage au plafond amianté depuis 1995 , svp à qui signaler cette anomalie svp :préfecture , sécurité sociale ,ddass? merci de répondre 04 91 75 18 54
Par NiciSi, 27 janvier 2010
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Par GRACE25, 27 janvier 2010
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Par N.D., 29 mai 2010
Bonjour,
J'ai 44 ans, je suis fonctionnaire de l'Education nationale et ai travaillé 8 ans dans un préfabriqué qui va être bientôt démoli. Des personnels municipaux avait fait un premier état des lieux en rapport avec la présence "éventuelle" d'amiante. Rien nous nous a été signalé. Notre équipe a déménagé et hier, j'ai appris par des personnes "proches" des services municipaux que j'avais de la "chance d'avoir quitté les lieux" En effet, les travaux de démolition à l'intérieur auraient débuté et en retirant des gaines électriques du plafond (dalles qui par exemple dans mon bureau étaient détériorées mi sectionnées pour faire passer les câbles...), ils se seraient aperçus que l'amiante était présente en quantité importante ! J'ai travaillé dans ce lieu 40 heures par semaine, y ai pris mes repas (pendant 8 ans). Mes autres collègues y ont travaillé 2 voire 3 ans. Ce bâtiment se trouve près d'une maternelle et d'une école élémentaire. Ils vont prendre les précautions qui s'imposent pour la démolition. Mais en ce qui concerne ma santé ? Pourquoi aucune information ne nous est parvenue ? y a-t-il un seuil d'alerte ? Un dépistage existe-t-il avant que 20 ou 30 ans se passent ? Comment obtenir les documents relatifs à l'état des lieux ? Je rappelle que "nous" étions locataires de bureaux appartenant à la mairie... Je ne suis pas rassurée mais j'aimerais agir avant la destruction de ce préfabriqué, avant de n'avoir plus de preuves... Merci pour votre aide. Cordialement, N.D Ecrivez un commentaire
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| Mise à jour le Lundi, 10 novembre 2008 23:55 |



















